Il fut un temps où mon téléphone vibrait pour autre chose que des notifications LinkedIn ou des mails de service. Des messages qui arrivaient tard le soir, qui me faisaient sourire bêtement devant mon écran. Des conversations qui duraient des heures, où on se racontait nos journées, nos envies, nos fantasmes parfois. J’aimais cette tension, cette attente entre deux réponses, cette façon qu’avaient les mots de créer quelque chose d’électrique.
Ça me manque terriblement.
Nina, trente-neuf ans, Charleville-Mézières. Responsable RH dans une boîte où tout le monde me dit bonjour sans me regarder vraiment. Je rentre chez moi, j’enlève mes talons, je me sers un verre, et je me demande quand j’ai arrêté d’exister autrement que professionnellement. Mon dernier vrai échange par message remonte à quand exactement, deux ans, trois peut-être.
Je ne cherche pas quelqu’un pour combler un vide. Je cherche juste à retrouver ce frisson des conversations qui dérapent gentiment, du chat sexy rencontre où on se découvre par les mots avant tout. Un homme qui sait écrire, qui prend le temps, qui comprend que la séduction commence par ce qu’on se dit. Et si ça mène à une vraie rencontre, pourquoi pas. Mais d’abord, j’ai besoin de parler. Vraiment parler.
Le dialogue m’a toujours excitée plus que n’importe quoi d’autre.