La pause déjeuner dure officiellement une heure mais personne ne vérifie vraiment. Alors je reste au bureau, je ferme la porte, je mange ma salade devant l’écran et je fais autre chose. Je lis des trucs. Je tombe sur des forums. Des tchat de rencontre parfois. Je regarde les profils. Je me demande qui ils sont vraiment.
Ruth, trente-cinq ans, comptable dans une boîte qui vend des fournitures agricoles à Albi. Voilà. Pas glamour. Pas sexy sur le papier. Mais j’ai découvert un truc : écrire avec quelqu’un que je connais pas, ça me fait un effet que j’arrive pas à reproduire ailleurs. Les mots qui montent, qui deviennent plus directs, plus chauds. Le moment où on bascule sans prévenir.
Je cherche ça. Un homme qui sait écrire sans faire semblant. Qui a envie de prendre le temps pendant la journée ou le soir, de construire quelque chose par messages. Pas juste « cc sa va », tu vois. Quelque chose qui tient. Qui dure. Qui devient intense sans se presser.
Si ça mène à une rencontre, pourquoi pas. Mais d’abord les mots. D’abord on se parle vraiment.