Il y a trois ans je parlais encore vraiment avec mon ex. Pas juste logistique ou reproches. On parlait de tout. De rien. De ce qu’on lisait. De ce qui nous traversait la tête à trois heures du matin. Maintenant je porte un uniforme toute la journée à Avignon et je parle de procédures, de contraventions, de dépôts de plainte. Je rentre chez moi et il n’y a plus personne avec qui partager le silence.
Ce qui me manque c’est pas le sexe. Enfin si aussi mais pas que. C’est l’avant. Les mots qui montent. L’excitation qui se construit par messages. Savoir qu’un homme pense à moi pendant sa journée et qu’il me l’écrit. Attendre sa réponse. Relire trois fois ce qu’il vient d’envoyer. Sentir quelque chose se tendre juste par des phrases.
Je cherche pas un plan cul direct. Je cherche la conversation. Le chat rencontre libertine où on se découvre vraiment avant de se toucher. Où on apprend à se désirer par les mots. Peut-être qu’après on se voit. Peut-être que ça reste virtuel. Mais j’ai besoin de cet échange-là. De cette complicité qui fait qu’on a envie d’ouvrir son téléphone.
Tiphaine. Trente-cinq ans. Gendarme et terriblement seule le soir.