Je suis dans ma voiture garée près du fleuve. Moteur éteint. Portable allumé. Je viens de faire ce que je fais toujours quand ça monte trop fort : je suis allée marcher dans le parc, jupe courte, sans rien dessous, en croisant des regards. Deux types m’ont vue m’asseoir jambes écartées sur un banc. Je sais qu’ils ont vu. C’est ça qui me rend dingue.
Maintenant je suis là, trempée, les mains qui tremblent, et j’ai besoin de parler. Pas demain. Pas dans une heure. Maintenant. Une conversation coquine chat, quelqu’un qui comprend ce que ça fait de jouer avec le risque, de sentir les yeux sur soi, de jouir de ça sans avoir besoin de toucher ou d’être touchée. Juste les mots. Juste l’excitation de raconter, de détailler, de savoir que tu bandes en me lisant.
Papaichton c’est petit, je le sais. Mais si t’es connecté là tout de suite, si tu sais écrire plus que « salut sa va », si t’as envie de me faire parler de ce que je viens de faire et de ce que je vais refaire demain, écris-moi. Je réponds vite. Je suis disponible maintenant. Et peut-être qu’on se croisera un jour dans ce même parc, qui sait.
Lydia, vingt-neuf ans, accro au regard des autres.