Je devrais probablement pas écrire ça mais tant pis. J’ai vingt-huit ans et je sais même plus depuis quand j’ai arrêté de me sentir désirée autrement que par des regards furtifs dans la rue. Mon dernier mec me regardait comme on regarde un meuble. Pratique. Là. Mais invisible.
Alors je me suis mise à chercher autre chose. Des mots. Des vrais. Pas juste « ça va » ou « t’as pensé à faire les courses ». Des mots qui brûlent un peu. Qui réveillent. J’ai découvert que le chat gratuit sexe c’était pas juste des types qui envoient des photos de leur bite en espérant un miracle. Y a aussi des conversations. Des trucs qui montent lentement. Qui jouent.
Je suis au Lamentin. Je bosse dans un bureau où rien ne se passe jamais. Café machine. Excel. Réunions inutiles. Et moi assise là avec ce truc en moi qui vibre dès que je lis un message qui me plaît vraiment. Qui comprend le jeu. Qui sait attendre. Qui sait comment les mots peuvent faire plus que des mains parfois.
Je cherche pas un sauveur. Juste quelqu’un qui aime jouer avec les limites par écrit. Qui trouve ça excitant de construire quelque chose sans se toucher. Et si ça accroche vraiment, pourquoi pas se voir. Mais d’abord les mots. Toujours les mots d’abord.